La réforme en cours a des implications majeures pour les entreprises, car elle impose un taux d’imposition minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales. En 2026, plus de 500 groupes en France devront se conformer à cette nouvelle législation, qui a été transposée dans le droit français depuis le 31 décembre 2023. Cette initiative vise à limiter l’évasion fiscale et à garantir une contribution équitable des entreprises à la fiscalité nationale.
Les entreprises concernées sont celles qui dépassent le seuil de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé sur au moins deux des quatre exercices précédents. Cette réforme nécessite une anticipation stratégique et une mise en place de processus internes adaptés pour garantir la conformité.
Contexte et objectifs de la réforme du Pilier 2
La réforme fiscale mondiale Pilier 2 a été instaurée pour répondre aux enjeux croissants de l’évasion fiscale et garantir une imposition équitable des multinationales. Elle vise à établir un taux minimum d’imposition de 15 % sur les bénéfices des grandes entreprises, limitant ainsi le transfert de profits vers des juridictions à faible imposition.
Cette initiative, portée par l’OCDE, s’inscrit dans un cadre réglementaire plus large, visant à harmoniser les pratiques fiscales à l’échelle internationale et à renforcer la transparence fiscale. En France, cette réforme a été transposée dans le droit national par la loi n° 2023 – 1322, ce qui implique des obligations déclaratives strictes pour les groupes concernés.
Importance de la compliance fiscale pour les entreprises
La compliance fiscale est devenue un enjeu majeur pour les entreprises, notamment en raison des nouvelles exigences engendrées par la réforme du Pilier 2. La capacité à fournir des données fiables et à respecter les délais de déclaration sera déterminante pour éviter des sanctions.
Les groupes internationaux doivent donc mettre en place des processus robustes de collecte de données pour évaluer leur taux effectif d’imposition et s’assurer qu’ils respectent les seuils établis. Cela nécessite une collaboration étroite entre les équipes financières et fiscales, ainsi qu’une attention particulière accordée aux aspects déclaratifs.
En somme, la réforme fiscale mondiale Pilier 2 impose aux entreprises de revoir leurs stratégies fiscales et de s’adapter à un environnement réglementaire en constante évolution.
Qui est concerné par la réforme du Pilier 2 ?
Critères d’application de la réforme
La réforme du Pilier 2 s’applique principalement aux groupes d’entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires consolidé de 750 millions d’euros ou plus sur au moins deux des quatre derniers exercices. Cette condition de seuil assure que les multinationales et certaines entreprises nationales, dépassant ce montant, soient soumises à la nouvelle réglementation fiscale.
En France, plus de 500 groupes sont directement concernés par cette réforme, ce qui souligne l’importance de la mise en conformité pour un nombre significatif d’entités. Les entreprises qui ne respectent pas ces critères d’application, telles que les organismes publics, les organisations internationales et certaines structures d’investissement, sont exclues du champ d’application de la réforme.
Types d’entreprises et groupes concernés
Les types d’entreprises touchées par la réforme incluent les multinationales ayant des activités dans plusieurs pays ainsi que les entreprises nationales qui franchissent le seuil de 750 millions d’euros.
Les filiales étrangères opérant en France sont également prises en compte, ce qui élargit le champ d’application de la réforme à de nombreuses entités. Il est essentiel pour ces groupes de préparer leurs systèmes internes afin de répondre aux nouvelles obligations déclaratives, notamment la soumission d’un GloBE Information Return.
La réforme vise à garantir une imposition minimale des bénéfices, ce qui représente un défi stratégique pour les directions financières qui doivent s’assurer de la fiabilité des données et de l’adéquation des processus de déclaration.

Impact de la réforme sur les entreprises en France
Obligations déclaratives à respecter
La réforme du Pilier 2 impose des obligations déclaratives strictes pour les entreprises concernées, qui devront s’adapter à un nouveau cadre juridique. Les groupes réalisant un chiffre d’affaires consolidé de 750 millions d’euros sur au moins deux des quatre derniers exercices doivent se préparer à des déclarations d’informations détaillées.
À partir de 2026, ces entreprises devront fournir un relevé de liquidation, garantissant ainsi la conformité aux exigences fiscales. La qualité des données collectées sera déterminante pour éviter des sanctions et garantir une imposition adéquate.
Les entreprises doivent également anticiper la mise en place de processus internes de collecte et d’analyse des données financières, afin de s’assurer que chaque entité respecte les exigences déclaratives. Ignorer ces obligations pourrait entraîner des conséquences juridiques et financières significatives, rendant la préparation d’autant plus indispensable.
Conséquences financières potentielles
Les conséquences financières de la réforme du Pilier 2 peuvent être considérables pour les entreprises en France. L’instauration d’un taux minimum d’imposition de 15 % pourrait entraîner une augmentation des charges fiscales pour les multinationales, surtout celles qui ont jusqu’à présent profité d’un environnement fiscal favorable.
Les entreprises qui ne respectent pas les nouvelles règles risquent de se voir imposées par l’Impôt National Complémentaire, qui viendrait compenser le manque à gagner d’imposition dans leur pays d’implantation.
Il est donc crucial pour les groupes concernés d’évaluer l’impact potentiel sur leur rentabilité et de revoir leurs stratégies fiscales. Les entreprises doivent non seulement se conformer aux nouvelles obligations, mais aussi anticiper les fluctuations de leurs résultats financiers en fonction des nouvelles règles fiscales. La réforme pourrait également influencer les décisions d’investissement future, rendant la planification fiscale encore plus complexe.
Mécanismes de l’impôt complémentaire
Comprendre l’impôt national complémentaire (INC)
L’impôt national complémentaire (INC) est un mécanisme clé de la réforme du Pilier 2, visant à garantir qu’un taux minimum d’imposition soit respecté pour les multinationales opérant en France. Cet impôt s’applique lorsque les entités d’un groupe ne respectent pas le taux minimum de 15 % requis sur leurs bénéfices.
L’INC permet ainsi à l’État de compenser le différentiel d’imposition, assurant une taxation équitable et limitant l’évasion fiscale. Les groupes concernés doivent donc être attentifs à leurs obligations déclaratives, avec des informations cruciales à fournir dès le début de l’année 2026.
Règles d’inclusion des revenus et bénéfices insuffisamment imposés
Les règles d’inclusion des revenus (RIR) jouent un rôle complémentaire en cas d’insuffisance de l’INC. Cette approche s’applique principalement aux entités dont les bénéfices sont sous-imposés dans le pays où elles sont établies. Si le taux d’imposition national est inférieur à 15 %, le groupe multinational doit payer le différentiel pour garantir que l’entreprise respecte ses obligations fiscales.
De plus, la norme des bénéfices insuffisamment imposés (RBII) représente une dernière ligne de défense pour assurer que chaque entité contribue à hauteur du taux minimum imposé, évitant ainsi des pertes de recettes fiscales pour l’État. La compréhension de ces mécanismes est essentielle pour les entreprises afin d’anticiper les exigences et d’ajuster leurs stratégies fiscales en conséquence.
